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On vit une époque formidable. Jamais il n’a été aussi de facile de communiquer grâce à l’avènement du digital. Les réseaux sociaux nous ouvrent des portes et permettent de dialoguer, discuter, “échanger des idées” avec des personnes à l’autre bout du globe. Ils permettent d’élargir les horizons et de pousser les idées plus loin que le perron de sa porte.

Mieux encore, ces nouveaux moyens de communication ont pu donner la parole à des populations bâillonnées par un régime dictatorial qui étouffait leurs appels à l’aide. Le mouvement des indignés en Espagne et les révolutions du printemps arabe sont un bel exemple de ce que les réseaux et médias sociaux peuvent offrir.

Mais force est de constater que ces outils servent aussi une quête beaucoup plus obscure : démolir l’autre, trouver la faille chez l’autre, se moquer de l’autre sous couvert d’humour afin de mieux briller.

A une époque où le petit écran nous sert à tour de bras des émissions dont l’objectif est de littéralement casser son rival, on assiste dès lors à un mimétisme de ces comportements sur la toile. Aussi, nombre de success stories ayant démarré sur le web poussent tout un chacun à essayer de s’internationaliser, de devenir visible sous les spotlights de Google et autres Youtube.

Hypermoi ou la course au quart d’heure de célébrité mondiale

Merci à Andy Warhol… La course à l’influence à tout prix, le syndrome de l’HyperMoi est né de la conjoncture d’une culture cynique issue de la télé et des nouveaux médias.

“Au royaume des ragots il ne faut pas s’étonner que les concierges deviennent des stars”.

La nouvelle donne pour avoir l’air “über-influent-comique-2.0” est d’avoir un sens de la répartie hyper aiguisé. C’est tendance, c’est IN, c’est comme ça qu’il faut être. A chaque réseau social son niveau. Si on peut s’essayer à ce sport sur Facebook, n’essayez pas de brûler les étapes et de vous lancer sur Twitter, royaume des haters et trolls. Vous seriez bouffé à la vitesse de 140 caractères minute. Observez les comments sur Twitter lors d’un show télévisé et vous serez servis !

Chercher la faille chez l’autre

Comme dit précédemment, dans un contexte médiatique où il est de coutume de briser l’autre, le phénomène transpire sur la toile. Bref, chercher la faille chez l’autre, ou comment devenir la Audrey Pulvar ou la Natacha Polony du web.

La tendance est donc au commentaire qui tente de déstabiliser l’autre à coup de vannes à double sens. Car c’est là que se cache le mal et la vicissitude de la “vanne 2.0”. Située juste à la limite de la bonne blague entre “potes” et du foutage de gueule public, la vanne 2.0 est à double tranchant et ambidextre (le fist fucking : avec la main gauche ou la main droite ?). Face à ce genre de comment vous avez deux choix : soit entrer dans le jeu et tenter de déstabiliser l’adversaire à coup de répartie (une figure de style intelectuelle, un must donc), soit faire preuve d’autodérision et, in fine, courber l’échine.

Certes, si dans le monde réel il faut répondre aux imbéciles par le silence, dans la matrice de la célébrité vous devez répondre. Faute de quoi, vous signifiez à votre adversaire qu’il a gagné la manche et donc, vous lui donnez du crédit. Faire preuve d’autodérision permet de garder la face momentanément, bien que secrètement tout le monde s’accorde à y trouver un aveu de capitulation, voire, pire, un aveu de connerie. Attention, car si vous ne faites pas preuve d’autodérision, votre adversaire peut vous taxer de débilité, prétextant que ladite vanne a dépassé votre entendement et votre niveau intellectuel. Bref, vous êtes foutu. Faites preuve de cynisme ou ne soyez pas…

Tout le monde ne possède malheureusement pas la répartie de Winston Churchill, le bagage de citations de Michel Audiard ou encore le sens de la réplique de Pierre Desproges.

Le pouvoir du LIKE, le passif-agressif de la toile

Les comments agressifs de votre bourreau 2.0 s’accompagnent souvent d’une horde de trolls passifs-agressifs. Leur comportement est reconnaissable entre milles : le LIKE d’un comment. Entendez par là “je suis trop occupé et trop au-dessus de la moyenne pour entrer dans le débat”. Son rôle sera de donner du crédit au comment vitriolé de votre “adversaire-qui-lui-a-le-sens-de-l’humour”. Cela peut aussi signifier “je ne dis rien mais je n’en pense pas moins”. En bref, comment s’approprier la répartie de l’un pour faire mousser son Ego Trip …

Ego Trip

De par mon métier de Community Manager, je constate sur la toile un foisonnement de ce type de comportements : critiquer, aboyer, crier au scandale, pourrir le status d’une page. Dans le langage commun des initiés numériques, on appelle cela des Trolls, ou encore des Haters. Je préfère pour ma part les appeler des frustrés de la tablette, des aboyeurs numériques, des excités digitaux, des agités du clavier. Un véritable cloaque numérique.

Leur but est de créer une polémique à l’image des tabloïds et de la presse à scandale. Une façon d’exister en somme. L’heure n’est plus à faire la révolution dans les rues à coups de pavés mais en pantoufles à coups de comments virulents. Sous le clavier, une forme d’existence et de liberté… Essayer de sortir du lot à tout prix pour éveiller les réactions et exposer son anti-conformisme afin d’être repéré, applaudi, liké, retweeté et mis en favori sur Twitter… Encore une fois, le cynisme est le nouveau chic disponible au prix de 140 caractères sur Twitter !

Le débat reste ouvert

Certes, c’est vrai, j’ai aussi dérapé. J’ai aussi singé et mimé ces comportements mais pas avec autant de brio… Je n’ai jamais été partisan d’une méchanceté gratuite. Plus jeune, j’avais de la répartie, mais c’était IRL, entre véritables amis. Je savais si je blessais ou pas et je savais que mes amis ne le prenaient pas au pied de la lettre. Mais aussi et surtout nos concours de vannes restaient entre nous et non pas au vu et au su du monde… Aujourd’hui être “ami” sur Facebook ne veut pas dire grand chose.

Je vois d’ici les réactions typiques énumérées ci-dessus. J’attends les commentaires ou remarques du style “parler d’Hypermoi alors que tu affiches ton score Klout sur ton blog #HoWait…” etc…

Il est certain que ce texte a été écrit à chaud, sous le coup de l’émotion, et que peut être certains passages sont à ré-évaluer avec moins de verve et qu’il ne faut pas mettre tout le monde dans la même corbeille…

Mais je reste ouvert au dialogue. Les comments sont ouverts.

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